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Comment fonder et bâtir une ville parfaite

Comment fonder et bâtir une ville parfaite

Un exercice de futurologie où on imagine, avec des pouvoirs illimités, la conception d’une ville idéale de zéro. Entre urbanisme, transport en commun, écologie et mixité sociale, on explore ce que serait une ville vraiment bien conçue, en faisant aussi le parallèle avec le projet américain Telosa.

Le transport en commun comme fondation

Dans une ville parfaite, le système de transport en commun est le premier élément à concevoir, et tout le reste de la ville se bâtit autour. On évoque l’exemple de Nantes, où le centre-ville est entièrement piéton et où les automobilistes laissent leur voiture dans des stationnements périphériques pour prendre le tramway. On parle aussi du concept de busway, une voie réservée aux bus qui leur permet de circuler sans jamais s’arrêter aux intersections. Tout ce qui est routier et autoroutier devrait idéalement être enfoui sous terre, libérant la surface pour les piétons, les vélos et les transports en commun.

Une ville autosuffisante en énergie et en services

À l’image du jeu SimCity, notre ville génère sa propre électricité grâce à des éoliennes et des panneaux solaires, et fournit à ses citoyens un accès Internet municipal à faible coût. L’idée est qu’Internet est un service essentiel, et que géré par la ville sans visée de profit, il pourrait coûter une fraction de ce qu’on paye présentement. On cite l’exemple d’une municipalité québécoise qui a fait exactement ça.

La densification intelligente et la végétalisation

Plutôt que d’étaler la ville, on mise sur la densification intelligente: des bâtiments en hauteur dont la surface de nature retirée du sol est compensée par de la végétation sur les toits ou des murs végétalisés. On veut aussi des arbres dans toutes les rues pour l’ombre et la qualité de vie, en évitant l’erreur des villes qui n’ont planté que des arbres mâles et se retrouvent avec des problèmes de pollen et d’allergies. On aborde aussi le concept de rewilding, qui consiste à laisser certaines zones de parcs sans tonte pour favoriser la biodiversité.

La mixité sociale comme principe de conception

La ville est divisée en quartiers où on impose des plafonds de revenus pour éviter les effets de ségrégation et favoriser la mixité sociale. On s’inspire aussi de projets existants qui mélangent aînés, étudiants et jeunes enfants dans les mêmes résidences, créant des liens intergénérationnels plutôt que de confiner chaque groupe dans sa bulle.

Le projet Telosa : une ville SimCity dans la réalité

On fait le parallèle avec Telosa, un projet réel porté par un milliardaire américain qui veut construire une ville de toutes pièces dans le désert, entre Las Vegas et Phoenix. Le projet s’appuie sur le principe d’équitisme: les citoyens n’achètent pas le terrain, qui appartient à la ville, et les revenus générés financent les services publics dans un cycle vertueux. On fait le lien avec la fiducie d’utilité sociale qui existe déjà au Québec, un mécanisme légal permettant de soustraire des terrains à la spéculation immobilière. Telosa vise 50 000 habitants d’ici 2030 et jusqu’à 2 millions à terme, avec autosuffisance énergétique et forte mixité.

Les éléments de science-fiction

On intègre aussi des idées tirées de la science-fiction, notamment les tapis roulants à vitesse variable du cycle des robots d’Isaac Asimov, ou encore l’idée d’enfouir toutes les infrastructures lourdes sous terre comme dans Les Cavernes d’Acier. On se demande aussi comment une ville idéale gérerait son propre réseau social interne pour que les citoyens échangent entre eux.


Les découvertes du mois

Nowhere Special est un film britannique avec l’acteur James Norton, connu pour la série Happy Valley. L’histoire d’un père qui cherche une famille d’accueil pour son fils parce qu’il est en fin de vie. Un film émotionnellement fort, vraiment bien joué, à réserver pour un soir où on est prêt à être touché.

1995 de Ricardo Trogi est sorti en salle à Québec avec des salles combles et un brin de chaos organisationnel, signe que le film québécois se porte bien. À l’image des autres opus de la série (1981, 1987, 1991), c’est une plongée nostalgique dans les souvenirs d’enfance, avec une reconstitution visuelle soignée de la ville de Québec telle qu’elle était à cette époque.

Cyprien, le youtuber français de la première heure, fait maintenant des courts-métrages très soignés et des bandes dessinées. Revisité après des années d’absence de l’écran radar, il surprend agréablement par la qualité et le ton chaleureux de ses productions.

The Great, la série sur Catherine la Grande, est fortement recommandée pour son acting exceptionnel et son humour, mais elle laisse un goût amer avec sa dernière scène jugée artistiquement incohérente: un personnage qui danse sur du ACDC dans une série d’époque 1700.

Skeleton Crew, la nouvelle série Star Wars sur Disney+, se démarque par son ambiance banlieue futuriste proche du style Goonies ou Stranger Things sans la dimension horreur. Elle semble surtout destinée aux enfants, avec Jude Law dans le rôle principal adulte.

Borderlands, l’adaptation cinématographique du jeu vidéo, est un flop retentissant, ayant frôlé le 0% sur Rotten Tomatoes. On réfléchit à pourquoi les adaptations de jeux vidéo réussissent mieux en série (Fallout, Arcane) qu’en film, le format long permettant de mieux installer l’univers.

La musique des années 80 dans les films modernes est une tendance agaçante qu’on observe autant dans les films Illumination (Mario, Minions) que dans d’autres productions récentes. Hypothèse avancée: les droits de ces chansons coûteraient moins cher, une fois tombées dans le domaine public.

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