Balado québécois de cinéma, séries télé, jeux, science.

On achète Lucasfilm et on réinvente Star Wars

On achète Lucasfilm et on réinvente Star Wars

Et si on rachetait Lucasfilm à Disney pour réinventer Star Wars de fond en comble? Dans cet épisode, Etienne et Baptiste imaginent une nouvelle direction créative pour la franchise, de la gestion du canon existant jusqu’au choix des réalisateurs, en passant par la place à accorder à la Force et aux Jedi.

Que faire du canon existant?

Quand Disney a acquis Lucasfilm, ils ont relégué aux “Legends” l’ensemble des romans, bandes dessinées et jeux vidéo qui existaient avant l’achat, ne conservant que quelques séries animées déjà en production. Résultat: un nouveau canon officiel, mais qui s’est retrouvé lui aussi à accumuler les incohérences. Notre proposition? Tout placer dans un musée. Pas nécessairement effacer, mais cristalliser ce qui a été fait et repartir sur de nouvelles bases, sans être prisonnier du passé. Des personnages secondaires du canon actuel, comme Cassian Andor ou une exploration de Palpatine jeune, pourraient tout à fait survivre à ce reboot.

L’effet homéopathie: moins, c’est plus

L’un des problèmes majeurs de l’ère Disney, c’est la surproduction. Quand une nouvelle oeuvre Star Wars sort chaque année (ou presque), l’événement perd de sa valeur. On compare ça au basketball: est-ce qu’on saute de joie à chaque panier? Non. Mais un but en fin de match de soccer 0-0, ça, c’est inoubliable. La solution: réduire drastiquement la fréquence des sorties. Une seule série par année, des films espacés, et chaque sortie redevient un événement culturel.

Choisir les bons réalisateurs et bien les encadrer

Finies les décisions de “gens en cravate” qui changent de réalisateur en cours de tournage. L’idée: confier une trilogie de films à un seul grand réalisateur (on pense à Denis Villeneuve ou Christopher Nolan), écrire les trois films au complet avant de commencer à tourner, puis faire réviser le tout par un script doctor de talent. On cite en exemple Tony Gilroy, qui a su réparer Rogue One et produire la série Andor, lui qui n’est pourtant pas un fan de Star Wars de base, et c’est peut-être là sa force: il écrit une bonne histoire, point.

Moins de Jedi, plus de mystère

Plus on accumule les oeuvres Star Wars, plus les pouvoirs de la Force s’étendent et perdent leur caractère mystérieux. L’idée: établir en interne un système de magie fermé, une liste définie de ce que la Force peut faire, connue seulement des créateurs, et ne jamais l’expliciter clairement à l’écran. On laisse le spectateur faire ses propres déductions. La scène de Dark Vador dans Rogue One reste l’exemple parfait: un utilisateur de la Force utilisé avec parcimonie, dans un contexte où les gens ordinaires ne comprennent pas ce qui leur arrive, et c’est terrifiant et fascinant à la fois.

Éviter l’escalade des enjeux

De la Death Star à la planète qui absorbe un soleil, en passant par une flotte entière de vaisseaux munis de mini-Death Stars, l’escalade des menaces finit par vider les enjeux de leur substance. La solution: s’inspirer de séries comme Andor, qui raconte une histoire à l’échelle humaine, celle d’un petit peuple qui se soulève contre l’envahisseur, sans aucun superweapon à l’horizon. On pourrait même explorer d’autres planètes connues (Tatooine, Jedha) du point de vue de leurs habitants ordinaires, plutôt que du seul regard des grands héros qui y passent.

Des personnages sous-exploités qui mériteraient leur histoire

Plusieurs figures de l’univers Star Wars n’ont jamais eu droit à une vraie profondeur. Palpatine, qu’on a souvent vu mais rarement compris, mériterait une origine sérieuse à la façon du film Joker. Les droïdes aussi: un film centré sur un robot attachant, dans la lignée de ce que des studios comme Respawn ont réussi avec Jedi: Fallen Order, pourrait être une surprise. Et pourquoi pas explorer l’académie impériale où Luke et Biggs Darklighter se sont connus, ou encore revisiter les aventures de Han Solo et Chewbacca sous forme de série?

Une stratégie de contenu cohérente

Pour les films: cibler toute la famille, avec un souci de cinématographie intemporelle, des images qui survivront dans 50 ans comme survivent celles de la trilogie originale. Pour les séries: une production live action adulte par année, dix épisodes d’une heure, avec le même soin narratif qu’un Game of Thrones des premières saisons. Et en parallèle, une série animée confiée à des créateurs spécialisés. Pas de nouvelles vaisseaux ou de nouveaux Stormtroopers ajoutés juste pour vendre du merch. Pas de multivers. Juste de bonnes histoires.


Les découvertes du mois

Inside Out 2 (Vice-Versa 2) est la grande recommandation cinéma de cet épisode. La suite de Pixar aborde les nouvelles émotions de l’adolescence avec une justesse surprenante, notamment une scène de crise d’anxiété saluée pour sa représentation honnête et imagée. Un film aussi pertinent pour les enfants que pour les adultes.

Ted Lasso est la série coup de coeur du mois. Baptiste l’a découverte et compris immédiatement pourquoi elle est tant aimée: un casting excellent, un scénario qui évite les pièges classiques du drama télévisuel, et une capacité rare à provoquer larmes et éclats de rire dans le même épisode. Une série feel-good qui ne prend pas le spectateur pour un idiot.

The Great est une série historico-comique sur Catherine la Grande, sous-titrée “An Occasionally True Story”. Drôle, crue, parfois violente, elle se prend suffisamment au sérieux pour être captivante et suffisamment peu pour être jubilatoire. Un bémol: la saison 3 n’est pas disponible au Canada sur Amazon Prime, malgré ce que la plateforme laisse croire.

Le documentaire sur le Fyre Festival (disponible sur Netflix) n’est pas une nouveauté, mais il mérite une réécoute. La trajectoire de Billy McFarland, incapable de distinguer le mensonge de la réalité, est aussi fascinante qu’instructive sur les dérives de l’ego et de la fraude en milieu “luxe”.

Liens de l'épisode: