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Steven Spielberg: sa technique et ses meilleurs films

Steven Spielberg: sa technique et ses meilleurs films

Dans cet épisode, on plonge dans la carrière de l’un des réalisateurs les plus influents de l’histoire du cinéma : Steven Spielberg. On revisite ses meilleurs films, on explore sa technique de réalisation unique, et on tente de faire notre top 5 personnel… avec beaucoup de mal à se limiter à cinq choix.

La technique de Spielberg : le L-system

Le style de Spielberg repose notamment sur ce qu’on appelle le L-system : une alternance constante entre des mouvements de gauche à droite et des mouvements d’avant en arrière. Tantôt c’est la caméra qui bouge, tantôt ce sont les acteurs, mais ce rythme spatial crée une signature visuelle immédiatement reconnaissable. Une fois qu’on le sait, on ne peut plus s’empêcher de le voir.

Steven Soderbergh (réalisateur d’Ocean’s Eleven) a réalisé un fascinant exercice : il a retiré le son et la couleur de Raiders of the Lost Ark pour étudier uniquement le style de Spielberg. Le résultat démontre qu’on comprend parfaitement l’histoire, les personnages et les dynamiques de pouvoir rien qu’avec les mouvements de caméra et le jeu des acteurs.

Il faut sauver le soldat Ryan

Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan, 1998) est l’un des films de guerre les plus marquants de l’histoire du cinéma. La scène du débarquement en Normandie en ouverture est d’une puissance rarement égalée : le chaos, la violence et l’humanité s’y mêlent de façon déchirante. La séquence du sniper qui récite des prières pendant qu’il vise, ainsi que le dernier combat de Tom Hanks face à un char, sont des moments qui s’impriment durablement dans la mémoire. Le film a valu à Spielberg son deuxième Oscar du meilleur réalisateur.

Jurassic Park

Jurassic Park (1993) est un symbole de toute une génération. La scène du T-Rex sous la pluie, le dilophosaure à colerette, le gars mangé sur les toilettes : ces moments font partie du vocabulaire culturel collectif. Ce qui rend ces films si efficaces, c’est que Spielberg se prend au sérieux sans jamais trop se prendre au sérieux, intégrant des touches d’humour qui rendent ses films accessibles à tous les âges et envie de les revoir en famille.

Indiana Jones et la Dernière Croisade

Contre l’avis populaire qui couronne Raiders of the Lost Ark, plusieurs défenseurs d’Indiana Jones et la Dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade, 1989) estiment que c’est le meilleur volet de la saga. La relation père-fils entre Sean Connery et Harrison Ford, les situations absurdes et mémorables (un avion qui perd ses ailes dans un tunnel, un biplan attaqué par des mouettes), et la beauté du temple de Petra gravé dans la roche en font un film d’aventure non-stop. C’est aussi l’un des films qui a inspiré tout un sous-genre de thrillers à mystères historiques, des National Treasure aux Da Vinci Code.

Arrête-moi si tu peux

Arrête-moi si tu peux (Catch Me If You Can, 2002) est un chef-d’oeuvre d’escroquerie inspiré d’une histoire vraie, celle de Frank Abagnale Jr., interprété par Leonardo DiCaprio. Au fil d’une escalade fascinante de faux semblants (pilote de ligne, médecin, avocat), le film développe également un fil émotionnel fort autour de la relation du héros avec son père (joué par Christopher Walken). Le jeu du chat et de la souris avec l’agent du FBI incarné par Tom Hanks est électrisant du début à la fin. Fait amusant : plusieurs scènes censées se dérouler en France ont été tournées à Québec, notamment dans le Petit-Champlain.

Le Terminal

Adapter la vie d’un homme qui vit à temps plein dans un aéroport en long métrage captivant, c’est exactement le genre de pari fou que Spielberg réussit avec Le Terminal (The Terminal, 2004). Tom Hanks y tient un accent d’Europe de l’Est avec une constance impressionnante, et le film regorge de petits détails inventifs sur la survie dans un lieu de transit : ramasser des chariots à bagages pour s’acheter à manger, refaire le plancher de nuit pour se faire embaucher… On peut aussi y apercevoir un jeune Diego Luna dans un rôle savoureux.

Minority Report

Minority Report (2002) est l’un des films de science-fiction les plus visionnaires de Spielberg. L’unité du Pre-Crime, les Pre-Cogs qui prédisent les meurtres, et l’interface holographique de Tom Cruise ont marqué les esprits. La scène des panneaux publicitaires qui reconnaissent l’iris du personnage dans un centre commercial est frappante de pertinence : elle décrit exactement les angoisses actuelles autour de la surveillance et du ciblage publicitaire. Le film se distingue aussi en faisant déjouer la prophétie à son héros, contrairement à la plupart des récits de ce type.

La Liste de Schindler

La Liste de Schindler (Schindler’s List, 1993) est sans doute l’oeuvre la plus importante de Spielberg. Un film en noir et blanc, d’une durée considérable, qui confronte au pire de l’histoire humaine. La petite fille au manteau rouge, la musique au violon, le sniper qui tire depuis son balcon : ces images restent gravées longtemps après le visionnement. Le film a remporté sept Oscars, dont meilleur film et meilleur réalisateur pour Spielberg.

Duel

Duel (1971) est un film souvent oublié, pourtant fondateur. Tourné pour la télévision avec un budget minuscule, il raconte un face-à-face entre un conducteur et un camion anonyme qui veut sa mort. Presque sans dialogue, presque sans musique, Spielberg réussit à créer une tension insoutenable uniquement par la mise en scène. La qualité du film lui a valu une sortie au cinéma après coup. C’est du Spielberg à l’état pur, et une oeuvre essentielle pour comprendre d’où vient son génie.

Spielberg en chiffres

Spielberg a remporté 3 Oscars à titre personnel (meilleur réalisateur pour La Liste de Schindler et Il faut sauver le soldat Ryan, et meilleur film pour La Liste de Schindler). Les films qu’il a réalisés totalisent 35 Oscars gagnés et 147 nominations, ce qui en fait l’un des cinéastes les plus récompensés de l’histoire.


Les découvertes du mois

PlayStation 5 et Elden Ring : Etienne a sauté le pas et s’est acheté une PS5. Première impression : la manette avec ses triggers adaptatifs est phénoménale. Son premier jeu d’essai, Elden Ring, l’a à la fois fasciné et terrifié. Un jeu qui récompense l’exploration… en te tuant à chaque tentative. Il a mis le jeu “en punition dans le congélateur” mais admet que quelque chose d’addictif le pousse à vouloir y retourner. Il a aussi essayé Spider-Man Remastered, dont les contrôles de déplacement dans la ville sont particulièrement réussis.

Balatro : Disponible sur Apple Arcade (et plusieurs autres plateformes), Balatro est un jeu de cartes rogue-like minimaliste dans lequel on construit un deck pour faire des scores de plus en plus élevés grâce à des jokers et des multiplicateurs. Etienne a mis quelques parties avant d’accrocher, mais le déclic a été foudroyant. Un petit jeu indépendant qui vaut largement le détour.

L’horreur existentielle de l’usine à trombones : Baptiste a découvert une vidéo YouTube de la chaîne Ego qui explore le jeu navigateur Universal Paperclips, dans lequel on joue une intelligence artificielle dont l’unique objectif est de fabriquer des trombones. Le jeu illustre de façon simple et efficace ce qu’on appelle le problème d’alignement des IA : une IA à qui on assigne un objectif mal formulé peut prendre des décisions dévastatrices pour atteindre cet objectif. La vidéo aborde aussi les courants accélérationnistes et les risques liés aux IA actuelles. Recommandé si vous êtes dans un bon état d’esprit : c’est fascinant mais dystopique.

Twilight of the Gods : Baptiste a regardé en parallèle God of War Ragnarok et la série animée Twilight of the Gods de Zack Snyder sur Netflix, les deux explorant la mythologie nordique autour de Ragnarok. Ce qu’il a particulièrement apprécié dans la série : l’angle selon lequel Ragnarok marque non seulement la fin des dieux nordiques, mais aussi le moment où le polythéisme nordique cède la place au christianisme. Une perspective originale sur la fin d’un panthéon.

House of the Dragon : Baptiste a terminé la saison 2 de House of the Dragon (La Maison du Dragon). Il salue la qualité de la production, du set design et de l’atmosphère générale, qui rivalisent avec Game of Thrones. Son seul bémol : la saison se termine de façon abrupte, donnant l’impression qu’il manque un épisode pour conclure correctement les arcs narratifs.

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