On invente un jeu de société!
Dans cet épisode, Baptiste et Etienne présentent chacun leur jeu de société préféré, puis s’embarquent dans un exercice créatif : combiner les deux pour inventer un tout nouveau jeu. Le résultat est un jeu de table ambitieux mêlant déduction sociale, asymétrie des factions et négociation secrète.
La Résistance : déduction sociale et persuasion
La Résistance est un jeu de déduction sociale pour 5 à 10 joueurs. Deux équipes s’affrontent : les agents de la Résistance (la majorité) et les espions infiltrés, qui se connaissent entre eux. La partie se joue en cinq rondes de missions. À chaque ronde, un leader propose une équipe, les joueurs votent pour l’accepter ou la rejeter, puis les membres de l’équipe choisie votent secrètement pour faire réussir ou échouer la mission. Si trois missions réussissent, la Résistance gagne; si trois échouent, les espions l’emportent. Contrairement à Loup-Garou, aucun joueur n’est éliminé, ce qui maintient tout le monde dans l’action du début à la fin. Le jeu repose entièrement sur la persuasion et la déduction, sans aucun élément de chance.
Root : un jeu asymétrique dans un sous-bois en guerre
Root est un jeu de stratégie asymétrique pour 1 à 4 joueurs où chaque faction possède ses propres règles, objectifs et style de jeu. Le but commun est d’atteindre 30 points de victoire, mais la façon d’y parvenir varie radicalement selon la faction choisie. Le jeu se déroule en trois phases par tour : l’aurore, le jour et le crépuscule.
Les quatre factions du jeu de base sont la Marquise de Chat (empire industriel expansionniste qui coupe du bois et bâtit des structures), la Dynastie de la Canopée (aristocratie des oiseaux en déclin politique qui accumule des actions mais risque des crises), l’Alliance de la Forêt (souris révolutionnaires qui gagnent la popularité des foules avant de déclencher des insurrections) et le Vagabond (héros solitaire qui se déplace librement dans les forêts, ramasse du butin et choisit d’aider ou de nuire à une faction pour des gains croissants). La grande force de Root est sa rejouabilité : maîtriser une faction, c’est presque apprendre un nouveau jeu.
L’invention : Shady Alliances
En combinant les deux jeux, Baptiste et Etienne imaginent Shady Alliances, un jeu avec plus de quatre factions (incluant les Loutres marchandes et le Culte des Lézards des extensions de Root), chacune avec des avantages connus de tous mais des objectifs secrets tirés aléatoirement. Deux joueurs partagent une victoire conjointe sans que les autres le sachent. Des phases de négociation secrète permettent aux joueurs de former des alliances, de mentir sur leurs objectifs et de se trahir. Un mécanisme de sabotage inspiré de La Résistance permet à un membre d’une alliance de faire échouer une mission sans se dévoiler. Des systèmes politiques (démocratie, fascisme, communisme) peuvent se greffer aux factions pour créer des alliances idéologiques. L’ensemble promet des parties intenses où la diplomatie précède (et prépare) la guerre ouverte.
Les découvertes du mois
Sora et la génération vidéo par intelligence artificielle : OpenAI a dévoilé Sora, un modèle capable de générer des clips vidéo d’une réalité troublante. Baptiste et Etienne discutent de la vitesse d’accélération de l’IA, des limites encore présentes (des clips d’une minute, loin d’un long métrage), et de l’entrée possible de Nvidia dans ce domaine via ses puces RTX.
French Girl, un film tourné à Québec : Etienne a découvert la bande-annonce de French Girl, une comédie romantique avec Zach Braff et Vanessa Hudgens, tournée entièrement à Québec. Le film met en valeur la ville comme une carte postale et fait appel à de vrais acteurs québécois, dont Luc Picard, qui jouent en français.
1984 de George Orwell : Baptiste relit le roman classique 1984 dans le cadre d’un club de lecture avec son beau-frère. Il note que le livre se lit très différemment à l’âge adulte, avec un regard plus aiguisé sur ses thèmes de surveillance et de contrôle.
Blade Runner et son roman original : Etienne a relu Do Androids Dream of Electric Sheep? de Philip K. Dick en préparation du film de Denis Villeneuve. Sa conclusion : le roman, centré sur le statut social des animaux réplicants, est une déception par rapport à l’adaptation cinématographique, preuve que Villeneuve est capable de transformer n’importe quelle matière en chef-d’oeuvre.