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Christopher Nolan vs Edgar Wright: le combat des réalisateurs

Christopher Nolan vs Edgar Wright: le combat des réalisateurs

Christopher Nolan et Edgar Wright sont deux des réalisateurs les plus distinctifs du cinéma contemporain. L’un maîtrise la narration complexe et les expériences sensorielles époustouflantes, l’autre révolutionne le langage cinématographique avec un sens du montage et de la musique hors du commun. Lequel mérite le titre de meilleur réalisateur? On en débat dans cet épisode.

Edgar Wright: le maître du langage cinématographique

Edgar Wright est un réalisateur britannique qui a été refusé deux fois à l’école de film, mais qui a su développer un style absolument unique. Sa filmographie est un enchaînement de coups de maître: Shaun of the Dead (2004), Hot Fuzz (2007), Scott Pilgrim vs. the World (2010), The World’s End (2013), Baby Driver (2017) et Last Night in Soho (2021). Six genres complètement différents, six films réussis.

La comédie visuelle comme langage

Ce qui distingue Wright de la plupart des cinéastes comiques, c’est son refus de se limiter aux dialogues et à l’improvisation. Il exploite pleinement le langage cinématographique: l’utilisation du cadre, les mouvements de caméra, et surtout le montage rapide. Ses quick cuts sont devenus sa signature: en quelques secondes, il parvient à livrer plus d’informations et plus de plaisir qu’une scène entière chez d’autres réalisateurs. La célèbre scène d’armement dans Hot Fuzz en est l’exemple parfait, avec ses zooms, ses effets sonores précis et ses détails comiques cachés en arrière-plan, le tout en 22 secondes.

L’utilisation de la musique et du son

La musique n’est pas un habillage chez Wright, c’est un élément de mise en scène à part entière. Pour Baby Driver, il a d’abord sélectionné les chansons, puis écrit les scènes autour d’elles, puis dessiné les storyboards. Le résultat est un film dont chaque coupe au montage, chaque coup de feu, chaque action est synchronisée sur le beat. La scène d’introduction de Shaun of the Dead, où les personnages tuent des zombies en rythme sur un morceau de Queen, préfigure déjà cette obsession.

Christopher Nolan: l’architecte des émotions

Christopher Nolan est reconnu pour ses récits non linéaires qui récompensent le spectateur attentif. De Memento à Inception en passant par Interstellar, ses films commencent souvent de façon délibérément incompréhensible, et tout s’éclaire à mesure qu’on avance. Ses thèmes récurrents, la distorsion du temps, la distorsion de la réalité et la distorsion de la perception, créent une expérience à mi-chemin entre le cinéma de divertissement et le vertige philosophique.

Le son et l’image comme outils sensoriels

Nolan pousse l’expérience sensorielle à son maximum. Son utilisation du Shepard Tone dans Dunkirk, une illusion auditive créée par des sons superposés séparés d’une octave, donne l’impression d’une tension qui monte à l’infini sans jamais redescendre. Sur le plan visuel, il privilégie les effets pratiques au CGI: le couloir en rotation d’Inception a été construit en vrai, tout comme l’explosion d’Oppenheimer. Le résultat est un cinéma qui frappe dans les tripes autant que dans la tête.

Le top 3 de nos réalisateurs préférés

Etienne défend Edgar Wright comme son réalisateur de chevet, celui dont chaque film est un home run, un artiste qui sait faire rire avec les outils propres au cinéma plutôt qu’avec des dialogues seuls. Baptiste, lui, met Christopher Nolan au sommet, avec un top 3 personnel: Memento en premier pour sa structure de scénario jouissive, Interstellar pour les claques scientifiques et émotionnelles qu’il procure, et The Dark Knight pour avoir offert à Batman et au Joker de Heath Ledger la gravité et le réalisme qu’ils méritaient.


Les découvertes du mois

Masterclass est une plateforme de formation en ligne où des personnalités reconnues dans leur domaine enseignent leur art. Baptiste s’y est inscrit pour suivre des cours de storytelling, notamment avec l’auteur Salman Rushdie, et se constitue une liste d’enseignants pour les prochaines semaines.

Duolingo est l’application d’apprentissage de langues que la conjointe d’Etienne utilise pour apprendre le japonais. L’occasion de parler de la richesse culturelle des langues, notamment la façon dont certaines cultures conçoivent l’espace et la direction de manière radicalement différente.

Team 3 est un jeu de société pour trois joueurs inspiré des trois singes de la sagesse: un joueur voit la structure à construire mais ne peut pas parler, un autre peut parler mais ne peut pas voir, et le troisième doit construire les yeux fermés. Un jeu de communication et de coordination hilarant, essayé lors d’une soirée à La Revanche à Québec.

Apiary est un jeu de stratégie dont la prémisse est irrésistible: l’humanité est éteinte, les abeilles ont évolué et partent à la conquête de l’espace. Un jeu de placement d’ouvriers où les joueurs gèrent leur ruche, explorent la galaxie et peuvent même apprendre des danses à leurs abeilles.

Shogun est la nouvelle série de Disney+ se déroulant au Japon dans les années 1600. Etienne la compare à Game of Thrones pour son niveau de qualité et son urgence de visionnement. Environ 80% des dialogues sont en japonais, ce qui lui donne une authenticité rare dans les productions occidentales.

Blue Eye Samurai est une série animée Netflix se déroulant dans un Japon médiéval aux frontières hermétiquement fermées. Baptiste la recommande chaudement pour la qualité de son histoire et l’excellence de ses scènes de combat.

Still est un documentaire sur Michael J. Fox qu’Etienne était en train de regarder au moment de l’enregistrement. L’occasion pour lui de montrer ses objets Back to the Future en Lego et de rappeler que Retour vers le Futur est son film préféré de tous les temps.